
La VAE aide-soignante attire de plus en plus les professionnels de tous horizons désireux de voir reconnaître officiellement leur compétence, sans passer par la formation scolaire classique. A savoir que cette voie est ouverte à toute personne ayant exercé pendant au moins un an en continu (ou 1 607 heures cumulées) dans l’accompagnement, l’aide ou la prise en charge des personnes dans le domaine de la santé, à domicile ou en établissement.
Ceci dit, il est à noter que la démarche, bien qu’accessible, suppose une implication sérieuse, une analyse approfondie de son expérience et un réel travail de rédaction autour des modules et situations professionnelles. Ce guide rassemble tout ce qu’il faut savoir : des conditions, modules à valider, déroulé de la VAE, durée, coût, jusqu’aux astuces pour mettre toutes les chances de ton côté et répondre sereinement au jury.
La VAE d’aide-soignante : conditions, public, et éligibilité
Il faut savoir que pour déposer un dossier de VAE aide-soignante, le candidat doit justifier d’au moins un an d’expérience (salarié, bénévole, aidant familial, etc.) en matière d’accompagnement, de soins ou d’aide à la vie quotidienne. Ce critère est ouvert, que tu sois en hôpital, clinique, EHPAD, domicile, foyer d’accueil ou toute structure médico-sociale.
En outre, la VAE n’a pas de limite d’âge, aucun diplôme préalable n’est exigé, c’est le contenu et la pertinence de l’expérience qui priment. Il est important de noter que la demande de recevabilité s’effectue via un premier dossier (appelé « livret 1 »). Ce dossier doit être accompagné de toutes les preuves formelles d’expérience professionnelle, telles que des attestations, des contrats, des certificats ou des bulletins de salaire.
Après acceptation de la recevabilité, on entre dans le vif du sujet avec le “livret 2” : il faudra y retranscrire précisément son parcours, ses compétences, et relier chaque action aux modules du référentiel aide-soignant.
Les modules à valider et leur contenu
L’obtention complète du diplôme d’aide-soignant par VAE impose de traiter les 10 modules correspondant à la formation classique, qui couvrent toutes les compétences attendues.
- Module 1 : accompagnement et soins dans les actes de la vie quotidienne et mise en place du projet de vie individualisé.
- Module 2 : évaluation de l’état clinique, surveillance et alerte.
- Module 3 : soins préventifs et application des protocoles d’hygiène.
- Module 4 : transmission d’informations, communication professionnelle avec les équipes et/ou les proches .
- Module 5 : organisation du travail, priorisation, suivi, gestion du temps.
- Module 6 : accompagnement de la mobilité, prévention des risques liés à l’immobilité.
- Module 7 : accompagnement de la personne dans sa vie relationnelle et sociale.
- Module 8 : accompagnement en situation de fin de vie ou de crise, gestion des émotions et du stress.
- Module 9 : gestes techniques : aide au repas, à la toilette, gestion des dispositifs médicaux simples.
- Module 10 : analyse de sa pratique professionnelle, remise en question, formation continue et évolution du métier.
Chaque module doit être illustré d’exemples vécus, de situations analysées, d’initiatives prises et d’évaluation de ses propres actions, afin que le jury perçoive la justesse et la réalité du vécu de terrain. Après le traitement de chaque module et la rédaction du livret, on passe à l’étape décisive : la soutenance devant jury.
En pratique : déroulé, coût, durée et difficultés de la VAE aide-soignante

La démarche VAE se structure en plusieurs grandes étapes : premier dossier (“livret 1” ou dossier de recevabilité), rédaction du livret 2 (plusieurs semaines à plusieurs mois de travail), accompagnement facultatif par un professionnel ou organisme spécialisé, puis passage devant le jury.
Il est à noter que la VAE demande du temps, une réelle introspection et de la rigueur, surtout sur le livret 2. Les délais varient selon le rythme de rédaction, la disponibilité des sessions de jury ou d’accompagnement. Compte généralement entre six et douze mois du dépôt à la soutenance, parfois moins avec un accompagnement personnalisé.
Concernant le coût, la demande de VAE est souvent payante (frais de gestion, d’accompagnement, de jury selon les académies). Néanmoins, de nombreux dispositifs de prise en charge existent : CPF (Compte Personnel de Formation), employeur, Pôle Emploi ou région selon les politiques locales.
Sur le terrain, certains candidats parlent d’une difficulté “psychologique” plus que technique : le plus complexe étant d’apprendre à parler de soi, à formaliser l’expérience, à organiser son récit. D’autres soulignent la fatigue mentale, le manque de temps, et la nécessité de bénéficier de regards extérieurs (accompagnant VAE, collègues, formateurs).
Jury, validation, reconversion : bien préparer sa réussite
Le passage devant le jury est un moment clé. Il s’agit de présenter et d’argumenter tout le chemin parcouru, ses actions, ses choix et son évolution. Les questions portent souvent sur :
- l’analyse de situations délicates (fin de vie, refus de soin, gestion de conflit) ;
- la capacité à suivre des protocoles, à être force de conseil et de sécurité auprès des patients ;
- le respect de l’éthique, la maîtrise des gestes et la compréhension du rôle propre à l’aide-soignant ;
- la gestion des imprévus, du stress et la remise en question face à l’échec d’une intervention.
Après cette étape, la validation peut être complète, partielle (avec l’obligation de repasser certains modules ultérieurement) ou reportée pour approfondissement. La VAE ne demande donc pas que des connaissances mais une vraie maturité professionnelle : savoir prendre du recul, reconnaître ses limites, prouver l’apprentissage continu, font toute la différence.
Forces, faiblesses et atouts de la VAE aide-soignante
Les avantages
Il faut dire que la VAE offre une formidable reconnaissance de terrain, permet d’accélérer une évolution professionnelle, de saisir des opportunités en établissement, à domicile ou dans de nouveaux secteurs de soin. La démarche VAE valorise l’autonomie, la persévérance et donne confiance pour aller plus loin (concours, spécialisations, mobilité).
Les inconvénients et points de vigilance
Néanmoins, il faut anticiper : demande de travail personnel important, nécessité de trouver du temps (souvent en dehors du temps de travail), difficulté à formaliser certaines expériences bien ancrées dans l’habitude. Il est conseillé de s’entourer dès le début : accompagnement VAE, validation collective avec d’autres candidats, relecture, simulation de jury.
Enfin, le stress et la peur du jugement, notamment pour les personnes peu à l’aise à l’oral, demandent un vrai travail sur soi. Toutefois, la majorité des retours d’expérience soulignent la satisfaction ressentie, la fierté d’aller jusqu’au bout et l’utilité des compétences “mises à plat” pour rebondir dans la carrière.La VAE aide-soignante est un levier essentiel pour donner une place reconnue à l’expérience et ouvrir la voie à de nouveaux horizons en santé et accompagnement. Elle exige implication, sincérité, analyse et accompagnement, mais représente, à chaque étape, une chance d’évolution, d’épanouissement et de reconnaissance professionnelle sans équivalent. Persévérance, soutien extérieur et confiance en son parcours restent les clés d’une démarche couronnée de succès.